SUR LES AILES DU VENT

 

                               Notre espoir et nos vœux sur les ailes du vent  

D'alysée en tempêtes transportent l'amitié

Armés de nos souhaits en bons aérostiers

Dans l'inégal combat, ils s'épuisent souvent

 

L'issue de ce duel grandiose et émouvant

S'inscrit en catastrophe ou en gain pour moitié

Nous trouverons donc là pour en être amnistiés

Le pourquoi du comment au total décevant

 

Pour pallier au déchet qui frôle l'hécatombe

En voici des milliers arrachés à la tombe

Et soustraits de la liste des perdus en abysse

 

Prenez à satiété, joie, bonheur et santé

Réussite au travail, amour et liberté

 

En un mot comme en cent que tout vous réussisse

 

 

 

 

Le temps est à l'espoir

 

Le temps est à l'espoir voici le nouvel an

L'année qui se finit nous laisse des regrets

Pourtant nos vœux passés sincères et gentillets

Se voulaient les garants d'un grand nouvel élan

 

Faudrait-il pour autant  demeurer bras ballants ?

Pleurer sur nos déboires, s'assommer de  clairet

Et s'occire le corps , où serait l'intérêt ?

Mieux vaut garder le cap, poursuivre avec allant

 

Ce moment de partage regonfle nos envies

Forgeons-nous des projets qui changeront la vie

Ils seront notre but pour l'année à venir

 

L'espoir est constructif, il traduit l'optimisme

Les vœux et les souhaits, enfants du conformisme,

 

transcendent la coutume pour servir l'avenir

 

 

 

LE PASSE EST CONNU

 

Le passé est connu, l'espoir en avenir

Demain sera plus beau, c'est une certitude

Laissons aux jours enfuis toutes les turpitudes

Au fond des vieux tiroirs, lavons les souvenirs

 

Une année nous arrive, chantier en devenir

Prenons le bon chemin changeons nos habitudes

Les méthodes d'hier sont en désuétude

L'occasion est trop belle à nous de la saisir

 

Déchargés du passé, nous marcherons plus vite

Vers l'idéal serein ou l'utopie gravite

Plus rien n'arrêtera le flot de nos envies

 

Nous irons au plus loin rechercher la formule

Pour "booster" notre entrain à faire vivre la vie 

Le vouloir et y croire voilà le préambule

 

 

 

 A VENIR

 

Au détour d’un Amour, surgissant du néant

Il s’impose aux vivants en attendant de naître

Il est là parmi nous bien avant de paraître

Déjà nous le couvons près du berceau béant  

 

Dans nos cœurs impatients nous le rêvons céans

Tissant de nos souhaits la trame de son être

Bien sûr il sera beau plaisant comme l’ancêtre

Nonobstant les défauts de ce grand mécréant

 

Il comblera le vide que nous n’avions point vu

Etre bien entre nous ne suffisait plus

Par chance le voilà cet être à découvrir

 

Authentique joyau que nous partagerons

Notre fils notre Frère cet amour à venir

Donnera beaucoup plus que nous lui donnerons

 

LE MIME FLON

 

 

J’ai vu naître Flon

Magique marionnette

Sans fil ni baguette

Chrysalide sous cocon

 

Housse de coton

Le placenta de finette

Sphère devinette

S’étire en contorsion

 

Sur fond harmonique

Complainte pharaonique

La chair s’imagine

 

L’ectoplasme de dessine

Puis quittant sa toile

L’existence se dévoile

 

 

ANTIQUITÉS - BROCANTE

 

 

Sur son cœur au fond de la salle des ventes

Il est écrit ces mots “Antiquités - Brocante”

A force d’avoir servi il s’est chargé

Des poussières ténues du temps passé

Indifférence, joies, étaient son quotidien

Il médite aujourd’hui sur ce que sera demain

Chargé du poids des ans et de mélancolie

Il trouve à peine la force d’accepter son ennui

Cesser de battre...Exhaler son dernier soupir

Se laisser glisser doucement et mourir

Et puis non...vivre...Vivre comme dans les livres

Accepter son moi...battre...lutter à en être ivre

S’envoyer en l’air...oser une fois faire la fête

Aimer,boire et manger c’est l’unique recette

Secouer la crasse qui cache les rondeurs

Qu’il y a dans le sein d’une vie de labeur

Manger goulûment...Bouffer toutes les épices

Surtout ne pas oublier que si l’eau se pisse

Le pinard à genoux se boit sur nos autels!..

A lui la belle vie...il laisse tomber ses attelles

Court, bondit, s’envole et vole enfin libéré

Vers la porte que la dame vient de pousser

Dieu qu’elle est belle, il osera aujourd’hui

Lui dire qu’elle était plus que ça cette nuit

La Dame est passée et lui a dit “Bonjour Monsieur”

Monsieur,..c’est personne...c’est le nom des gueux

De ceux que l’on trouve sous les ponts !

Il a souri... s’en est retourné tout au fond

La salle des ventes est ouverte de l’aube à minuit 

Madame si vous revenez... pour vous c’est gratuit...

 

 

 

Automne

 

Les feuilles ne meurent pas elles vivent le futur

Dans l’humus vaginal   de mère nature

L’ignoble spectacle de leur pourrissement

Dans sa désespérance est une ode au printemps

                                                 

Le trépas où l’on va est simple transition

 Ce que l’on a vécu et toutes nos questions

Occultent l’essentiel les jours se suivent à l’envi

Car tout n’est que maillon dans la chaîne de vie

 

Les brumes et les frimas qui nimbent nos matins

En cette fin d’été aux relents de déclin

      Animent des linceuls qui cachent nos élans

 Comme autant de creusets d’où naîtront nos enfants

 

Quand s’ocrent les sous-bois de chromes éblouissants

Le soleil empourpré crache des traits de sang

Sur nos vies en partance vers l’éternel retour

 Demain nous renaîtrons des guérets de l’amour

 

 

CAMBRONNERIE

 

Si j’avais le talent d’un certain de Cambronne

J’ inventerais un mot qui renfermerait tout

Et vous l’assénerais en manière d’atout

Mais n’est pas Dieu qui veut que le ciel  me  pardonne

 

Je ne suis qu’un croquant, le lierre vous couronne

Vous régnez... j’obéis...du moins le croyez-vous

A vouloir être grand vous vous tordez le cou

Vous mourrez assez tôt la bêtise empoisonne

 

L’âne serait vexé si par comparaison

Un esprit dévoyé trouvait quelque raison

D’adjoindre votre nom au fruit de ses entrailles

 

Une rime en « erde » ne m’aurait pas déplu

Le désir est latent or la muse s’égaille

Je ne puis la saisir vous m’en voyez déçu

 

 

Ce n’est pas par paresse

 

Dans nos âmes où s’endort le souffle de la vie

Il n’y a que questions sans réponses certaines

Le doute a fait son nid et le sang dans nos veines

Ne véhicule plus ni passion ni envie

 

Qui prétend que l’aïeul apaisé et ravi

Ressent le fil des jours comme Ariane en aubaine

Sera le plus surpris tant sa démarche est vaine

L’énigme est toujours là sans cesse resservie

 

Reviendrons-nous ici pour d’autres épisodes

La mort est-elle un port le début d’un exode

Avons-nous tant donné pour que tout disparaisse

 

Harassés et fourbus nous laisserons à d’autres

La charge du fardeau qui nous fit bons apôtres

Si nous nous endormons ce n’est pas par paresse

 

 

CHEMIN DE RESURRECTION

 

La Vie dessine nos destins

A coups de sort à coups de coeur

A qui saura prendre le train

De ses joies et de ses peurs

 

Elle abandonnera le choix

De croire à d’autres lendemains

Eloignés des chemins de croix

vécus à deux main dans la main

 

Ou le tiendra en solitude

Dans la fournaise de ses feux

Pour mieux brûler les certitudes

Qu’elle fit naître au coeur des gueux

 

Les mots puissance quatre pour dire

Nous interpellent et s’entrechoquent 

Faut-il   pleurer ou bien sourire

Lorsque le dessin interloque

 

Les uns et l’autre sont des messages

Qui se dévoilent complémentaires

Dans le creuset de ces passages

Qui vont de l’aube au grabataire

 

Accroché entre vie et mort

L’être se tient en suspension

Quand son destin vire de bord

Au “Chemin de résurrection”

 

 

 

DESTIN

 

A peine sorti du port nous voilà naufragés

Ballotés par les flots nous connaissons la peur

Les affres de la mort secouent notre torpeur

Nous voulions naviguer nous voilà submergés

 

La vie est une furie qu’il nous faut partager

D’épaves en épaves dominer notre frayeur

Pour repousser l’issue d’une fin avant l’heure

Nos mains cherchent l’appui qu’il nous faudrait trouver

 

L’amitié en recours nous sauverait peut-être

Mais elle trop souvent à l’image de l’être

Versatile et fuyant quand on le sollicite

 

Il nous faut s’accepter purs produits du destin

Il domine nos vies car ce qui est licite

N’émane que de lui nous sommes ses pantins

 

 

DOUTE

 

Ses sabots sont de corne

Ses cheveux sont de crin

Il n’est pas le bourrin

A se croire licorne

C’est un cheval honnête

Zélé dur à la tâche

Qui trime sans relâche

Certains le disent bête

Il se veut consciencieux

Et gagner son avoine

Comme l’a dit le moine

Pour survivre dans les cieux

Il glissera sans combat

Sur un flot de prière

Pour gagner la lumière

Quand tombera son bât

Je le chevaucherai

En folles galopades

Saccadées de ruades

Si le moine a dit vrai

 

 

 

 

A Francesco Tigli

 

Qui a sublimé de façon éclatante, par son œuvre, le message de « Les Ritaliens » (acrostiche de Montecopiolo, ville italienne, jumelée à Mont Saint Martin)

 

 

 

Embarquement immédiat

 

 

L’esprit soumet le fer la main dompte la roche

L’un et l’autre soudés alliés et solidaires

Chantent le ressenti en transes lapidaires

Le message conçu  à l’instant nous accroche

 

Les mots ne comptent plus  pour qui suit cette approche

Ils se font tout petits, rallient l’abécédaire

Leur présence en ces lieux s’avère secondaire

Ils ne nous diront rien  si l’âme s’en décroche

 

L’artiste dans son débat nous offre le support

Nous écrirons ensemble l’histoire de ce port

Où viendront accoster l’humain et la raison

 

Pourquoi dresser des murs nous n’avons qu’une terre

Ouvrons-là toute grande elle sera la maison 

Qui verra nos enfants embarquer pour Cythère

 

                                          Les Ritaliens

Migrants puis émigrants, les enfants du pays

Ont porté leur savoir bien plus qu’ils n’ont reçu

Nul ne peut ressentir le mal qu’ils ont vécu

Tant fut déchirement l’exode à la Gondi

En quittant la maison ils jouaient le soleil

Contre un peu de chaleur auprès de Saint Martin

Onguent générateur par lequel en chemin

 Plus d’un se fit piéger l’amour faisant merveille

 Il se fait qu’aujourd’hui nous vivons bien ensemble

Ode aux rimes en « i » désormais de « chez-nous »

 L’amalgame s’est fait sans drames ni remous

Oublier certes pas, le vécu nous assemble

 

ENFIN ME VOILA VIEUX

 

Enfin me voila vieux j’ai gagné la sagesse

Je ne dois plus vouloir mais souffrir l’odyssée

Mes beaux espoirs d’hier s’en trouvent dépassés

Les bras ne suivent plus la tête est en détresse

 

Le grand chambardement s’est produit je confesse

Sans alarmes aucunes durant les ans passés

Insidieusement le mal a surpassé

L’enthousiasme fougueux qui sied à la jeunesse

 

J’ai gagné ai-je dit le droit de sermonner

Chacun saluant bas mon crane couronné

Se devrait d’encenser l’aura de mon savoir

 

Se targuer de l’acquis aiderait à mourir

S’il n’était avéré par expérience notoire

Que nul ne vit sa vie et ne fait que subir

 

     En souvenir de cette soirée du 24 Février de l’an de grâce 2001

 où nous étions conviés à fêter

le soi-disant cinquantenaire de mon Ami Sylvain

 

 

Et si c’était pas vrai !

 

Et si c’était pas vrai, qu’il n’ait pas cinquante ans

Qu’il nous ait fourvoyés pour mieux faire la fête

Oserions nous lui dire “c’est assez...je m’arrête”

Laissons là le D.J ce suppôt de Satan

 

Agir de la sorte serait désobligeant

Nous savons que l’enfant qui nous a fait requête

Ne grandira jamais....Sa tête est ainsi faite

Il ne saurait mûrir dans le monde des “grands”

 

Il garde dans son coeur les rêves que nous avons

Ils vivent dans ses yeux comme autant d’illusions

Mais que celles-ci sont belles quand elles sont partagées

 

 Sylvain merci, merci... demeure nous fidèle

Demain viendra le soir nous serons trop âgés

Pour chanter avec toi “Dieu que la vie est belle !”

 

 

GABY

 

La chance quelquefois bannit le bon apôtre

Elle nous offre le pain au lieu de la gabelle

Nos vies interférant la ligne parallèle

Rien ne se fait chez l’un sans réforme chez l’autre

 

Gaby est bien chez nous son temps est plus que nôtre

Il fournit à nos jours l’assise parentèle

Son sourire engageant  à titre de tutelle

Est de ceux qui vaudraient plus d’ une patenôtre

 

Qu’il demeure son entier et qu’en rien n’évolue

Nous sommes ses enfants nous lui sommes dévolus

L’aveugle a son bâton le marin sa boussole

 

L’avion tutoie l’étoile comme font les oiseaux

Nous retrouvons nos ailes quand sa main nous console

 Qu’il demeure à jamais auprès de nos berceaux

 

 

HANDICAPIED (il peint avec ses pieds)

 

 

A grands coups de crayon à grands coups de vouloir

Il trace sur la toile l’humeur de son esprit

Il traduira les choses dont son cœur est épris

Il décrira l’amour  l’ennui le désespoir

 

Il se veut le vecteur  de cette trajectoire

Qui projette le soleil sur l’obstacle du gris

Provoquer cet ombre d’où vient le mistigri

Qui redonne à chacun la couleur de l’espoir

 

Il se sait bien petit, Picasso et les autres

Au talent que l’on sait se sont faits les apôtres

D'Interrogations  nues en forme d’arabesque

 

L’âme avait une main un chevalet trois pieds

Ce que la main griffait, il l’affine  presque

Puisqu’il tient son pinceau entre deux doigts de pied

 

 

INCESTE

L’instant est au présent

Parfois à l’émotion

La minute au silence

Ou requiert l’attention

L’heure est aux regrets

Ou bien à la vengeance

Notre temps se perd

Dans le lit des siècles

Les jours sèment des semaines (les jours s'aiment des semaines)

Les mois sont fils d’années (les mois sont fils damnés)

 

 

J’AIMERAIS TANT RÊVER

 

J’aimerais tant rêver de ce rêve palpable

De celui qui n’est plus puisque réalité

Il paraît chaque jour comme futilité

Dans le rire de l’enfant, insouciant, adorable

 

Oui j’aimerais rêver cet instant périssable

Il échappe au commun qui vit désenchanté

Dans le gris et les jours d’une vie déjantée

Elle n’est autre que mienne sans être méprisable

 

J’ai perdu le bonheur à vouloir l’ineffable

L’accessible suffit au plus désargenté

Pourquoi demander plus pourquoi se surmonter

Pourquoi vouloir singer le crapaud de la fable

 

L’humain est ainsi fait que loin du raisonnable

Il projette son cœur  vers les lieux enchantés

Au pays d’Utopie qu’il croit réinventer

Mais larme n’est que d’eau et château que de sable

J’aimerais tant rêver d’un bonheur périssable !

 

 

 

LA TERRE EST UN GRAND LIT

 

La terre est un grand lit où nous allons dormir

Car nous rentrons au port harassés et fourbus

D’avoir tant bourlingué dans le monde d’Ubu

Cet ultime accostage ne nous fait pas frémir

 

Pourquoi se lamenter rien ne sert de gémir

Inexorablement nous nous savions perdus

La comédie finie nous la quittons vaincus

Nous ne regrettons rien il est temps de partir

 

Si nous trouvons plus loin l’Eldorado promis

Ce naufrage annoncé auquel nous sommes soumis

Paradoxalement armera nos navires

 

Poursuivant la quête issue de nos chimères

Nous reprendrons la course sur l’huile de la mer

Dans un autre hémisphère pour enfin l’assouvir

 

 

 

 

LA VIE EST LA 

 

Lorsque les vents contraires en putrides rafales

Assaillent de pourquoi nos pauvres cœurs perclus

Ils battent la chamade de l’assiégé vaincu

Et se retrouvent nus où la vague s’affale

 

Meurtris et pantelants sous l’horrible cabale

Où s’agitent nos peurs et les rêves perdus

Nous souhaitons la mort, qu’elle nous soit dévolue

Pour qu’ailleurs nous vivions éloignés du dédale

 

Pourtant la vie est là puisque nous en mourons

Il nous reste l’espoir qui nous fera moisson

Des blés de souvenirs glanés dans nos mémoires

 

Rien n’est jamais perdu car tout se reconstruit

Les ruines du vécu sont autant d’exutoires

Aux chimères du jour qui hanteraient nos nuits

 

 

LAISSONS VENIR JANVIER

 

Derniers jours à venir avant le grand départ

Il nous reste le goût d’inachevé flagrant

Car nous fûmes trop las devant chantier si grand

Nos cœurs n’en peuvent plus et il se fait bien tard

 

Pour un monde nouveau il faut le temps et l’art

L’art attendu demain du temps sera garant

Nous vivons les prémices de bonheurs immigrants

Laissons venir janvier décembre est un bâtard

 

Nous voguerons alors sans repos ni répit

Vers cette ère nouvelle qui fut notre dépit

Forçant la destinée nous en ferons l’amante

 

Qui comblera nos vœux bien plus que de raison

Nos enfants connaîtront la forêt parturiente

Qui engendre le miel en toutes les saisons

 

 

L’AMI S’EN EST ALLÉ

 

L’Ami s’en est allé au néant de l’au-delà

Il a mis dans son sac nos cœurs de vieux soldats

Pour mieux se souvenir de ces djebels poudreux

De nos jeunesses mortes de ces jours malheureux

Où nous portions fusils grenades et bazookas

Sous le harnais kaki casque lourd ou gurkha

Où il fallait tuer pour remplir le devoir

Du lambda citoyen puni sans le savoir

D’avoir connu son Père sur la terre de France

De mériter par là mille et une souffrances.

Toi l’Ami qui t’en vas ne crains rien nous saurons

Redire à ceux qui viennent ne soyez pas moutons

Les hommes sont tous frères c’est bien là l’évidence

Luttez pour que la Paix soit le lot de la France 

 

 

LE NAVIRE EST A QUAI

 

Le navire est à quai les voiles affalées

Des rêves de demain nourrissent l’impatience

Qui prélude au départ de toute transhumance

Nous quitterons ce port poussés par l’Alyzée

 

Pour aller tout là-bas où il nous faut aller

Nous sommes de ces lits où naissent les licences

Rien ne saurait freiner l’intraitable exigence

Que nous vaut notre sang, exit le pis-aller

 

La réussite est due a l’homme en devenir

Le mortel de passage se doit de bien accomplir

La tâche dévolue à chacun d’entre-nous

 

Nos désirs d’aujourd’hui ne sont que des chimères

Après bien des efforts nous plierons le genou

Pour rentrer dans le rang de la Vie qui nous gère

 

 

LE PORT

 

Étonnes d’être là nous arrivons au port

Portés par notre élan nous délaissons la rame

Quels furent nos « waterloo » nos triomphants « wagram »

Dans ces années passées à rêver de trésors

 

L’embrun les a noyés dans le flou du décor

Ils rouillent sans éclat au tréfonds de nos âmes

Nos soleils se délavent sous un crachin infâme

Nos nuits se font plus noires le temps détruit nos corps

 

Plus de creux abyssaux plus de crêtes aux vagues

Les flots encalminés se perdent dans le vague

Le passé flamboyant s’embrume sur la rive

 

Les voiles affalées les vergues sont en croix

Nous ne partirons plus sans risquer la dérive

Nous resterons à quai à humer le suroît

 

 

LE QUIDAM

 

Un piéton piétonant

Piétonait en piétinant

Ce faisant ce piéton  piétinait

Les pieds piétinants

D’autres piétons

Qui comme lui piétonaient

En piétinant

Et tous ces pieds se piétinaient

Il y a tant de pieds

Sur la voie piétonne

De la vie

Que les pieds d’un piéton

N’intéresse plus personne !

 

 

LE SUICIDE

 

Aurions-nous pu en son temps l’aimer d’avantage ?

Horrible la question reste là suspendue

Le doute s’insinue dans nos cœurs éperdus

La vie est un fardeau qu’en tous cas l’on partage

 

Qui en a pris le plus ?  S’est battu sous l’orage ?

Est-ce lui la corde ?  Est-ce nous le pendu ?

Regret n’a plus de temps ou son temps s’est perdu

Au fil des jours vécus dans l’aura du courage

 

Sans oublier jamais l’ami qui nous est cher

Acceptons nous “humains” ne faisons pas d’enchères

L’avenir est pressant vivons le au présent

 

A qui dira un jour lorsque nous serons morts

Qu’il eut pu nous aimer et nous en faire présent

Ouvrons nos bras en croix, qu’il n’ait pas de remords

 

 

LE TAMBOUR

 

Mon cœur est un tambour qui vibre à l’infini

Sous les baguettes versatiles de la vie

Quand elles se font brindilles et sautillent

En mille farandoles folles où fourmillent

Cavalcades, galopades et roulades

L’enfant est là, à nous la rigolade!

Puis elles caressent ma peau et glissent

Affleurements émoustillants sous ma pelisse.

Quelque chose me chante à l’oreille

Que mon bel Amour n’a pas sommeil.

Elles deviennent bâton, gourdin d’ébène

Frappent durement, cognent, assènent

La tête me tourne sous leurs boutoirs

La mort est à ma porte, au fond du couloir!

Enfant, amant, mourant et ran-tan-plan

Raisonne mon tambour encore longtemps

Demain je te promets ce sera fête

Pour t’accompagner, t’auras une trompette !

 

 

 

L’EGLISE

(Vieille Eglise Mont Saint Martin)

  

Comme un “L” couché

Haut perché pour trôner

Désuète mais sûre d’elle

Elle irrigue de ruelles

Noueuses comme des racines

Que l’eau du ciel ravine

Sa voisine de l’an mil

Que l’on dit vieille ville

Mille ans c’est un printemps

Pourvu qu’on ait le temps

Et l’atavisme humain

Qui lie hier à demain

Elle est là rassurante

Pour tous ceux qui la hantent

Qu’est-ce que l’éternité ?

Quelques pierres empilées

Chacun de nous en est une

Unissons les une à une

Sauvons la vieille église

Et qu’après nous l’on dise

Comme un “L” couché

Haut perché pour trôner

Désuète mais sûre d’elle...

 

 

L’ENFANT

  

Un enfant c’est deux grands yeux interrogateurs

Qui vous fouille l’âme et vous vrillent le cœur

Le regard innocent scrute nos visages

Il cherche l’espérance à défaut d’assurance

La crainte nous saisit conscients de renvoyer l’image

De nos rêves perdus, d’une vie de souffrance

Honteux d’avoir manqué mille occasions

D’être heureux tout simplement et sans concessions

Avons-nous en grandissant oublié l’essentiel ?

A quel carrefour avons nous perdu notre ciel ?

Les yeux de l’enfant posent la question

L’adulte effrayé demeure sans réponse

Baisse la tête et plein de confusion

S’en va vivre parmi les maudites ronces

Qu’il a semé se croyant plus fort qu’elles

Au long d’une vie qu’il voulait plus belle.

 

 

LES BUVARDS DE MADAME FRANMI

(Écrivain belge amie) 

 

Vos  satanés  buvards

Sont  de  sacrés  bavards

Ils  pompent  le  savoir

Assèchent  le  grimoire

Puis  disent  à  l’envers

Et  la  prose  et  le  vers

Ils  sont  comme  ces  gens

Au   quotient  indigent

Qui  cul  par  dessus  tête

Après  maintes  goguettes

Bavent  la  parodie

De  ce  qu’on  leur  a  dit

En  inversant  le  rôle

Du  maton  de  la geôle

Oui  ma  chère  Madame

Je  dis  et  je  proclame

Vos  satanés  buvards

Sont  de  sacrés  bavards

Et  s’ils  n’étaient  de  vous

Je  les  mettrais  au  clou

 

Le texte qui suit a trait à la disparition de la Sidérurgie à Longwy. C'est ce texte, en résonance avec les événements fortement ressentis par la population, qui a été à la base de ma "notoriété" locale. 

Le "Belvédère" domine la vallée de la Chiers (Rivière longovicienne) d'où l'on surplombait la majeur partie des usines du secteur.

 

BELVÉDÈRE

 

Belvédère ô Belvédère

Posé aux bords amers

Des gorges de la Chiers

Il était des nuits de fleurs rouges

Dont les pétales arrachés

Griffaient le ciel sur fond de fumées.

Il était des nuits de fleurs rouges

De fleurs jaunes, bleues, vertes et mauves

Jetées aux nues de couleur fauve.

Te souviens-tu des terres rouges ?

Belvédère ô Belvédère

L’humain forgeait de ses mains

Le fer devenait pain

Orange sur Herserange

Bleu de suie sur Longwy

Rouge, ocre, orange aussi

C’était beau, c’était étrange

Les flammes léchaient le ciel

La coulée pareille au miel

Virait du jaune au caramel.

Impression de puissance

Dominer la matière

Ce vieux rêve d’hier

Était à sa naissance !

Dieux et diables alliés

N’auraient pu empêcher

L’alchimie de se réaliser

Quel vent venu d’ailleurs

Nous joue ce vilain tour

Nos cornues tour à tour

S’éteignent et meurent.

Belvédère ô Belvédère

A tes pieds y’avait l’enfer

Et ses foyers plein feu

Nourrissaient nos vieux

Bon Dieu... y’avait le diable !

Y’avait le Bon Dieu, que diable !

Y’a plus d’foyers ni d’feux

Y’a plus d’diable Bon dieu

Y’a plus d’foyers ni d’feux

Y’a plus rien à voir

Qu’un grand trou noir

 

 

 

 

LONGUE VIE

 

 

Alors que rouille le fer

 

Dans le lit de la Chiers

 

Avec passion et sans bruit

 

Au plus profond de sa nuit

 

Tout feu tout flamme Longwy

 

Fait l’amour à la vie

 

 

LONGWY RÉVEIL

 

 

De jour en nuit

 

De nuit en jour

 

Ainsi le temps court

 

L’ombre s’évanouit

 

Revient le soleil

 

S’ouvre la fleur

 

S’estompe la peur

 

C’est Longwy réveil

 

 

 

LORSQUE JE SERAI GRAND

 

 

Le hunier déployé culmine la mature

Par dessus la grand voile il annonce à la ronde

Que nul n’arrêtera cette course féconde

Sans bagage ni maison je vivrai l’aventure

 

Dominant l’élément avec désinvolture

Lorsque je serai grand j’irai de par le monde

Je reviendrai paré des trésors de Golconde

Douter de mon destin serait une imposture

 

Les anciens ont bien tort de craindre l’avenir

Qu’ils gardent leurs conseils je suis en devenir

Rien n’est plus comme avant, l’acquit rédhibitoire

 

Je connais mon destin pour l’avoir tant rêvé

L’océan est petit pour un cœur éprouvé

Je ne subirai pas j’inventerai l’Histoire

 

 

 

MA VILLE EST UN CREUSET

 

Ma Ville est un creuset bouillonnant de cultures

Dans le feu de la vie se mêle et s’entremêle

Des foyers pleins d’enfants qui consument pèle-mêle

Des jours sempiternels  sorte d’appogiature

 

Ils rêvent d’avenir  et forgent l’aventure

Qui refera le monde en coulées d’étincelles

Quand chacun aura su briser son escarcelle

Pour fondre les deniers qu’il tient de la nature

 

Nous revivrons alors comme au temps des usines

L’alchimique fusion émouvante gésine

De l’âme du pays qu’elles exhalaient aux nues

 

Les scories du passé cesseront d’entraver

Les flots impétueux aux gueules des cornues

Phénix des temps nouveaux  l’humain sera sauvé

 

 

A mon premier arrière petit-fils né le 1er août 2007 

 

MATHEO

 

M e voilà esbaudi de me retrouver là

A u fond de ton berceau tu dors à poings fermés

T andis que dans mon cœur s’éveillent des pensées

H ors du temps qui s’écoule fuyant vers l’au-delà

E lles t’accompagneront quand je serai parti

                                     O ccultant mon absence…Tu seras grand petit !

 

 

 

 

NAISSANCE

 

Porté par le néant aux confins de la vie

Ébahi naufragé j’aborde le rivage

D’une terre inconnue où tout n’est que mirage

Rien n’est vrai tout est faux là où l’homme sévit

 

C’est vrai qu’en ce ballet  des nymphes en survie

Offrent l’éternité à qui tourne la page

Du grand livre où s’écrit l’avenir du veuvage

Il n’en restera rien qu’un désir assouvi

 

Rien qui puisse donner un sens à notre attente

Rien qui puisse assurer la réponse latente

A la question posée depuis la nuit des temps

 

Qu’est-ce donc le bonheur ? où s’inscrit son essence ?

Si c’est au quotidien qu’il se fait envoûtant

Nous devrons le trouver dans une autre naissance

 

 

NE CHERCHE PAS LA FAUTE

 

J’ai repris mon crayon et d’un geste rageur

j’ai biffé cet intrus fruit de mon ignorance

Je ne l’avais point vu mais il mettait en transes

Les mordus du “Robert” censeurs et verbiageurs

 

Ce “s” était de trop il les laissait songeurs

Rien ne pouvait sauver pas même une licence

Cet écrit blasphémant les valeurs de la France

L’auteur n’avait rien dit c’était un égorgeur

 

Laisse parler ton cœur ne cherche pas la faute

Si tu la trouves la dans cet accent que j’ôte

Jamais tu ne sauras que ce “là”  dégradé

 

Est note de musique la première d’un chant

Que je voudrais très doux aux gorges dénudées

De l’enfance trahie par l’homme et ses penchants

 

 

A notre fille Virginie

 

NE PARLEZ PAS D'AMOUR

 

 

Ne parlez pas d’amour si vous parlez de sang

Le cœur n’évolue pas sur ce simple critère

L’enfant de notre corps jamais ne fera taire

L’émotion ressentie pour un autre innocent

 

L’un et l’autre fragiles s’avèrent attendrissants

La détresse étalait ses relents grabataires

Nos bras se sont ouverts et furent salutaires

Le foyer s’agrandit au bébé vagissant

 

Voici venu le temps de sonder notre vie

Détailler le bilan peut susciter l’envie

Deux filles et deux garçons poursuivront notre route

 

Nous partirons heureux d’avoir vécu si bien

Malgré quelques tempêtes traversées dans le doute

Nous nous savons aimés c’est le plus beau des liens

 

 

Ecrit pour M. DESSI à l’occasion

de ses 50 ans de mariage

 

 

NOCES D’OR

 

Te souviens-tu d’hier il y a cinquante ans

L’usine était jalouse du feu de nos amours

Je te pris pour épouse en murmurant toujours

“La Chiers” a succombé comme neige au printemps

 

L’orgueil de ses foyers n’engendra que néant

 Le brûlot de nos cœurs se moque bien des jours

Sur un lit de scories j’ôterais tes atours

Pour t’offrir à nouveau le sourire d’un enfant

 

Le temps n’a pas de prise sur ce qui est à nous

Nos joies et nos peines je les prends à genoux

A l’aune du vécu comme autant de richesses

 

Savoir qu’elles sont à toi et me sont partagées

M’inspire le respect que l’on doit aux largesses

Car rien n’est à refaire et rien n’est à changer

 

 

La disparition de la sidérurgie à Longwy a laissé des traces

 

PHASE LIQUIDE

  

La phrase explose en images

De désespoir et de rage

C’était en soixante dix neuf

En quatre vingt sept quoi de neuf ?

On restructure on liquide

Jusqu’à l’ultime phase liquide

Sur le crassier arasé l’ex O.S.

Ne hurle plus son S.O.S.

Le temps a mis l’étouffoir

Sur les flammes de l’espoir

 

 

griffonné à THIL (Meurthe et Moselle) seul camp de concentration des zones occupées 

 

PHOTOS JAUNIES

 

 

Ombres écorchées, ciel de pluie

Pauvres hères éreintés sous la botte nazie

Que la honte est lourde à vous voir défiler

Vers on ne sait quoi ... pour on ne sait où !

Photos jaunies du temps passé

Ne taisez rien, dites nous tout

Crachez à la face du monde l’abjecte vérité

Nos Pères ont pêché par où nous pêchons !

 demain nos enfants rougiront

 Vigilance ! La bête  est prête à mordre

Au nom du droit au nom de l’ordre

droit arrogé

Ordre imposé

 

Que reste-t-il

De ces décharnés en haillons

De ces filles de ces garçons ?

 

Il reste THIL

 

Et ses leçons 

 

 

 

 

PIERRE

 

J’aimerais tant parfois lui tisser des couronnes

Pour lui dire à quel point tout chez lui me rassure

Il ne comprendrait pas imposerait censure

Au flot de mes pensées pour qu’enfin j’abandonne

 

Il ne demande rien ne sait pas ce qu’il donne

Sa présence pourtant apaise mes blessures

Il est baume, il est onguent, guérît les meurtrissures

J’en abuse à souhait que le ciel me pardonne

 

Quel est-il celui là que j’encense en ces vers ?

Est - il d’ici de là du bout de l’univers

Ou des quelques contrées vierges du mauvais

 

Je grave sur la pierre son nom et je le crie

Par delà les monts les chemins où je vais

L’ami est plus qu’ un frère et Pierre est mon Ami

 

 

 

PLEURER

 

Pleurer ne sert à rien

Mais cela fait du bien

Une larme qui s’évade

Chaude comme l’accolade

Dans son sillon emporte

Le fiel de l’amour morte

Demeure la cicatrice

Muette cantatrice

Sur la scène dérisoire

D’une pantomime noire

Où flotte encore suspendue

Cette chimère perdue

Pleurer ne sert à rien

Mais cela fait du bien

 

 

 

 

QUAND JE PARTIRAI

 

Quand je partirai

Sur le chemin des ombres

Que m’endormirai

Doucement à l’ombre

De mes souvenirs

Survivra ce soleil

Qui nous faisait rire

Cet amour sans pareil

Fait des mille choses

Qui composent la vie

Et fait voir en rose

Tout ce qui est gris

Quand je partirai

Pour ne plus revenir

Sous les verts cyprès

L’éternité finir

A six  pieds sous terre

Dans l’argile divine

Embrasserai mon père

Reprendrai racine

Pour que bientôt s’élève

Dessus mon carré

Un arbre plein de sève

Où viendront jouer

Le soleil et l’ombre

En contraste joyeux

Et nicher en nombre

Les oiseaux et les gueux

 

 

 

 

RÊVES ÉCLATÉS

 

 

Que de rêves éclatés

Finissent au feu des réalités

Et seuls se consument en cauchemars

Dans la cendre d’un plumard

 

Ô que ne demeurez vous

Belle dame jeune fille loin de nous

Car la pelure c’est la beauté du fruit

Conservez en l’usufruit

Qu’enfin nos dents acérées

Mordillent la pulpe tant désirée

Qui du chemisier orne l’échancrure

Sans connaître de vos corps la déchirure

De grâce faites en sorte

Que si  vos penchants en ouvrent la porte

L’idéal devienne réalité

Pour notre félicité

 

 

 

 

RIMES NOIRES

 

 

Nos cœurs sont en sursis ils battent sans espoir

L’instant est décompté sur le vivant grimoire

On le croyait joyeux il est prémonitoire

De la fin annoncée d’un séjour dérisoire

 

Que la surprise est grande quand arrive le soir

Le crépuscule sombre se fait encore plus noir

Le bonheur en trompe-l’oeil se découvre illusoire

Le piège s’est refermé sur notre désespoir

 

La vie nous a bernés pour mieux nous laisser choir

Nous en sortons meurtris poussés vers l’avaloir

Nous avons travaillé à son unique gloire

Car elle continue après le pourrissoir

 

 

 

 

SAISONS ... TOURBILLON

 

L’hiver a déchiré

Son manteau d’hermine

A la corne du bois

Laissant à son orée

Des pans de ouatine

Où souffle encore le froid

Déjà dans les fourrés

L’oiseau à pleine poitrine

Fête le nouveau roi.

Printemps est annoncé

Terminée la famine !

Un ver pour toi, deux pour moi

Faisons bombance l’été

A bas les grises mines

L’automne c’est dans six mois...

L’hiver est arrivé

Dans son manteau d’hermine

La neige couvre les bois

L’oiseau s’y est caché

Il est d’humeur chagrine

Oh ! Mon dieu qu’il fait froid !

Il a les pattes gelées

Sous ses plumes il fulmine

Y’en a bien pour trois mois !

L’oiseau sais compter

Trois longs mois sans cantine

Reste neuf sur douze ma foi

Il se remit à siffler

Au fond de ses narines

Chantait déjà Printemps Roi !

 

 

 

SERAIS-JE INCONVENANT ?

 

Je prendrai sur vos corps le soleil du passé

Vos lèvres me diront tous les mots les non-dits

Je trouverai vos pas dans des lieux interdits

Vous mes ancêtres beaux à jamais trépassés

 

Me consolerez-vous de ma vie compassée

Oserez-vous me dire qu’il n’est aucun crédit

A l’humain dérisoire plus blâmé que maudit

Je suis à ce jour privé de panacée

 

Je hère dans la nuit qui fut vôtre en son temps

Pourquoi ne venez-vous m’offrir comme présent

La science d’un vécu subit comme le mien

 

Je finirai aussi par laisser aux venants

Un thème sans réponse aux relents kafkaïen

Et c’est là mon remord serais-je inconvenant

 

 

 

 

SI J’AVAIS UNE ÉPONGE

 

Si j’avais une éponge

Pour essuyer les pleurs

des visages enfantins

Le pays du mensonge

Se couvrirait de fleurs

Chassant l’ivraie du jardin

 

Or mon cœur chiffonné

Saturé de douleur

S’enferme dans son rêve

Et n’ose plus s’épancher

Pour noyer le malheur

De ceux que la vie crève

 

Au pays de mes songes

Il pousserait des fleurs

Si j’avais une éponge

Pour essuyer les pleurs

 

 

 

 A notre fille Karine qui habite Adélaïde

SI UN JOUR TU REVIENS

 

Si un jour tu reviens de ton trop long voyage

Tu trouveras chez nous ce que tu as cherché

Pourtant rien n’a changé depuis ta dénichée

Le ciel est toujours gris le soleil en naufrage

 

Au fin fond de ta vie s’estompe le mirage

Qui te fit t’en aller loin du vieux clocher

L’idéal t’attendait sûr d’être déniché

Du moins le croyais-tu quand tu fis ton bagage

 

Dans notre maisonnée le partage est de mise

Rien ne manque au festin de la terre promise

Nous savons le trouver dans le commun des jours

 

Nous n’attendons que toi pour entonner en chœur

Le chant des gens heureux vibrant comme l’amour

Tu oublieras ton bât et tes peines de cœur

 

 

 

 

A Claude Hervieu 

 

SOIXANTE ANS

 

Lorsque je serai vieux je veux me souvenir

De cet âge béni où j’avais soixante ans

Comme d’un point de repère sur nos vies à venir

Car j’éprouve aujourd’hui l’ivresse du printemps

 

C’est un nouveau début qu’il me faut assumer

La jeunesse s’est enfuie bouffée par les années

Mais le coeur est bien là prêt à recommencer

Car vois-tu mon Amour ma très tendre épousée

 

Tout comme au premier jour ta main guide mon pas

 J’ai gardé pour toi l’adolescente ardeur

Chaque jour chaque nuit , à l’heure du trépas

Je chanterai  ton corps sans craindre l’impudeur

 

Et vous mes bons Amis savez-vous que vous êtes

Ma seconde famille l’ élixir de jouvence

Qui fait qu’il vous faudra longtemps  subir  ma tête

Ne vous en plaignez pas gardez moi cette chance

 

Et puis je vais vous dire pour terminer gaiement 

Si une fois vingt ans c’est être jeune et beau

Une vie devant soi plus  l’ardeur  du taureau

Je suis un homme heureux d’avoir trois fois vingt  ans

 

 

Putain de Guerre d'Algérie!

 

SOUVENIRS 

 

De vagues souvenirs insinuent ma mémoire

Promiscuité du camp saturé de bidasses

Hébétés et perdus noyés dans la vinasse

Qui leur était servie en guise d’assommoir

 

Et puis voici le quai, le bateau fils des Moires

Où nous étions poussés comme poissons en nasse

Au tréfonds de la cale sans même une paillasse

L’aventure commençait sous forme de grimoire

 

Quelle en était la trame qui devions-nous servir ?

Quand le doute s’installe la conscience chavire

Le devoir citoyen est-il obligation ?

 

A en croire certains il fallait déserter

D’autres censeurs innés blâment la transgression

Personne ne nous rendra nos années dévastées

 

 

 

 

SOUVENIRS D’ALGERIE

 

“A mon copain Lebras”

 

Frère d’armes, frère de sang, frère de larmes

Pauvre frère tombé

Outre Méditerranée

Les larmes de ta Mère

Ont le même goût amer

Que celles de nos Grand-mères

Pleurant nos Pères.

Même si ta Fiancée

A pu t’oublier

Elle aussi a pleuré.

Que de sang, que de larmes

Pauvre frère de larmes.

Pour qui ?... Pour quoi ?

Tes armes servaient à quoi ?

Dans cette fichue galère

Tu enviais nos pères

Qui avec Fellahs et Berbères

Avaient fait les autres guerres.

Ils s’étaient battus pour la Liberté

Dans ton esprit un doute avait germé

Étais-tu là pour défendre ou opprimer ?

Trente ans après la question reste posée.

Il n’existe pas de belles guerres

Les hommes sont tous frères

Ton frère t’a tué c’est absurdité.

 

Pauvre frère tombé que je ne veux oublier

 

 

 

Il y en a qui, malheureusement, vivent comme cela

 

SUR DEUX ROUES

  

Le bonheur est  la-haut, il doit le conquérir

Le chemin caillouteux imprimant son ballant

La machine « tanguote », ahane son élan

Sous l’épuisant effort  l’obligeant à gravir

 

Le dos lui fait bien mal mais c’est un élixir

L’homme en oublie ses mains et le soleil brûlant

Se hisser jusqu’au haut, parvenir pantelant

Aux cimes des sommets  dont il faut s’affranchir !

                    

Il n’en cherche pas gloire s’en tient à sa méthode

Serait-il inférieur, simple gastéropode

S’il vivait sur deux pieds il serait à vélo !

 

Avec ses yeux pour voir, son cœur  pour comprendre

Il ne refuse rien n’émet aucun veto

La vie telle qu’elle est est toujours bonne à prendre

 

 

 

 

TANT QU'UN SOUFFLE

 

Tant qu’un souffle de vie brûlera mes lèvres

Tant qu’au fond de mon cœur survivra le rêve

Je t’aimerai

 

Tant que mes yeux liront au grand livre du temps

que les amours mortes renaissent au printemps

Je t’aimerai

 

Si dans d’autres bras je cherche apaisement

Si dans les élixirs je noie ce grand tourment

Je te reste attaché comme lierre au sarment

 

car

 

Tant qu’un souffle de vie.......

Tant que mes yeux liront......

Tant que les Amours mortes.......

Je t’aimerai

 

 

il y a des moments où l'émotion prime sur les règles. La rencontre avec un ami qui perd la vue est de ceux-là

 

TÉNÈBRES ILLUSIONS

 

 

Mon Ami... Mon Frère

Il est des lumières

que seul un œil mort

Peut voir encore

Découvres-tu aujourd’hui

Sous tes paupières de pluie

Ce que les nuages ont caché

De soleil à l’humanité!

Est-il plus beau paysage

Que ce ciel sauvage

Fait des rebellions

De zombis en haillons

Renversant à mains nues

L’héritage reçu

De mille ans d’esclavage ?

Découvres-tu le rivage

Par- delà les mers

Où les hommes se libèrent

Et cessent de se déchirer

Pour enfin dominer

Ce qui reste d’univers

Après ce damné enfer...

Un blanc et un noir

Mêlant leurs espoirs

Un rouge et un jaune

Sous la même icone

Faisant de leur mieux

Pour réaliser ton vœu

Que tout vivant ici-bas

Jouisse du même repas

Aux entrées... Amitié

Amour et probité

Comme plat de résistance

Deux doigts d’espérance

Et pour le dessert

La phobie de la guerre

Mon Ami.. Mon frère

Mes yeux grands ouverts

Ignorent tout cela

Nord ? Sud ? Même branle-bas

Sirènes et odeur de soufre

Misère est reine, l’enfant souffre

Familles échouées, foyers en rue

Ivre le père, mère battue

Guerres qui grondent et inondent

Sous flots de larmes ce monde

Immonde dégoulinant de sang...

Milliers de hères innocents

Accrochés, doigts crispés

Aux basques de tyrans bottés..

Plages noires gluantes, déglutition noirâtre

Pétrole puant... algues verdâtres

L’oiseau lyre s’empêtre de plus belle

Impuissant pleure sur son aile!...

Tes yeux se ferment Ami

Je veux fermer les miens aussi

Et clore le musée aux horreurs

Crois-moi ... l’homme se meurt

 

 

 

 

TOUT SERA BEAU

 

 

Demain tout sera beau demain tout sera grand

L’espoir tend notre vie vers cet ultime leurre

A force de vouloir et l’argent et le beurre

Nous humons les miasmes aux dépens du fragrant

 

Modestes et résolus retenons l’intégrant

Qui se nourrit du peu  né de l’obscur labeur

Si l’Eden se soustrait c’est qu’il n’en est pas l’heure

Le voyage sera long admettons-nous migrants

 

Chacun des jours venants  apportera son lot

De victoires menues ou de pâles brûlots

Pourtant visibles au loin pour guider le navire

 

En cette fin d’année formulons le serment

De poursuivre l’effort afin de bien servir

L’avenir de l’humain sans trop d’aveuglement

 

 

 

 

VIATIQUE

 

La raison serait-elle de biffer le passé

D’ignorer peines et joies et d’en donner quittance

Au bailleur de nos jours pourvoyeur d’existence

Pour sortir de la trame ce qui fut amassé

 

Notre vie s’y accroche pour mieux se surpasser

Faudrait-il oublier cette année en partance

Nous laisserons le choix à celui qui nous tance

Ces instants sont à nous pourquoi les délaisser

 

Nous garderons au cœur le sourire du berceau

Ainsi que le chagrin glané près d’un tombeau

L’un et l’autre sont purs pareils à l’eau de source

 

                                      Dans les jours à venir ils se feront viatique                                       

Nourrissant l’effort dans l’implacable course

Pour qu’elle soit moins souvent réduite au pathétique

 

 

 

 

LORSQUE JE SERAI GRAND

 

Le hunier déployé culmine la mature

Par dessus la grand voile il annonce à la ronde

Que nul n’arrêtera cette course féconde

Sans bagage ni maison je vivrai l’aventure

 

Dominant l’élément avec désinvolture

Lorsque je serai grand j’irai de par le monde

Je reviendrai paré des trésors de Golconde

Douter de mon destin serait une imposture

 

Les anciens ont bien tort de craindre l’avenir

Qu’ils gardent leurs conseils je suis en devenir

Rien n’est plus comme avant, l’acquit rédhibitoire

 

Je connais mon destin pour l’avoir tant rêvé

L’océan est petit pour un cœur éprouvé

Je ne subirai pas j’inventerai l’Histoire

 

 

 

LE CRI

 

Il faudra bien qu’un jour éreinté de querelles

L’homme se mette enfin à regarder en face

Au miroir du passé les méfaits de la race

S’accepter différents entrave les séquelles

 

Délayer les couleurs engendre l’aquarelle

Aux terrestres cimaises chacun trouve sa place

Est-ce trop demander que d’applaudir l’audace

L’artiste librement la ressent naturelle

 

Puisque sur sa palette avec amour il couche

Près d’un fleuve doré le rouge de sa bouche

Embrasant noir et blanc qui se teintent  de gris

 

Vibrant à l’horizon il sera révélé

L’humain qui va naître sera le premier cri

D’un monde vagissant enfin renouvelé

 

 

 

En clin d'œil à Anne Blanchot Philippi et Serge Truba

 

 

LAISSEZ-NOUS QUELQUE TEMPS

 

 

A trop se souvenir nous vivons le passé

Mais qui donc d’entre nous oserait effacer

La vie de nos anciens dans l’antre des usines

Feux, fours, fer, fumées, nourrissent nos racines

 

Nous ne saurions vivre sans garder dans nos cœurs

L’embrasement du ciel   l’odeur du soufre en fleur

Le crissement craquant des scories sous nos pas

Ou le chant des sirènes à l’heure des repas

 

Laissez-nous quelque temps nous portons les messages

D’autres temps révolus d’autres luttes sauvages

Où l’homme a combattu pour qu’au temps d’aujourd’hui

Subsiste encore l’espoir d’un soleil à minuit

 

 

 

 

L’AMI

 

 

J’aimerais tant parfois lui tisser des couronnes

Pour lui dire à quel point tout chez lui me rassure

Il ne comprendrait pas imposerait censure

Au flot de mes pensées pour qu’enfin j’abandonne

Il ne demande rien ne sait pas ce qu’il donne

Sa présence pourtant apaise mes blessures

Il est baume, il est onguent, guérît les meurtrissures

J’en abuse à souhait que le ciel me pardonne

Quel est-il celui-là que j’encense en ces vers ?

Est- il d’ici de là du bout de l’univers

Ou des quelques contrées vierges du mauvais

Je grave sur la pierre son nom et je le crie

Par-delà les monts les chemins où je vais

L’ami est plus qu’un frère et Pierre est mon Ami

 

 

 

 

 

LE TEMPS

 

Le temps c’est le présent mais c’est aussi demain

La fleur que l’on a vu déjà cesse de vivre

Les minutes s’en vont les heures sont ivres

L’horloge c’est le sable qui coule entre nos mains

 

Le temps est un méchant bandit de grands chemins

Il pille des amours plus beaux que dans les livres

Il donne le chagrin que l’instant nous délivre

Puis nous fait l’oublier dès le lendemain.

 

Le temps est un ami il soigne la blessure

De pauvres cœurs meurtris quand la vie les pressure

Pour mieux les mutiler au détour d’un espoir

 

Le temps n’existe plus c’est la vie qui déroule

Sa longue trame crue sur l’humain dérisoire

Qui n’a jamais compris la mort qui en découle

 

 

REQUIEM

 

Je ne pleurerai pas l’ami que j’ai perdu

Il a mis dans mon coeur et semé dans mes veines

Le grain du désespoir au lieu de la verveine

Je fuis son souvenir et je cours éperdu

 

Je veux cacher au loin la corde du pendu

Celle qu’il me faudrait pour oublier ma peine

Accepter qu’elle me soit sans amour et sans haine

Passée autour du cou pour l’avoir pourfendu

 

Il n’aimait point assez ou alors aimait trop

Pour comprendre l’autre et saisir à mi-mot

Qu’un orage suffit à tuer un ciel bleu

 

Fallait-il accepter qu’assombrissent le temps

D’autres nuages gris... fermer encore les yeux

Je m’y suis refusé la pluie tombe pourtant.

 

 

 

 

VIVRE

 

C’est beaucoup donner

 Et quelquefois recevoir

 

AIMER

 

C’est beaucoup donner

Sans parfois recevoir

 

MOURIR

 

C’est ne rien recevoir

Quand on a tout donné

 

 

 

 IL NOUS RESTE A ŒUVRER

 

Ne pourrons-nous jamais comprendre ce mystère

Pourquoi faut-il qu’un jour ils tirent révérence ?

Nous étions pourtant bien en toute connivence

Immuables recours ils étaient nos repères

 

Nos très chères Mamans nos Papas salutaires

S’en vont, nous savons où, préparer à l’avance

Un grand nid d’amour pour notre renaissance

Nous les retrouverons dans cet autre univers

 

Quand notre tour viendra nous pousserons la porte

De ce havre de paix où la vie nous emporte

Nous irons droit devant sans sextant ni boussole

 

Toujours à nos côtés malgré l’éloignement

Ils guideront nos pas vers l’espoir qui console

Il nous reste à œuvrer comme l’on fait nos parents

 

 

 

LE TEMPS EST UN PASSANT

 

 

Le temps est un passant qui invite à le suivre

On ne sait où il va sa course est vagabonde

Il nous traîne à ses pieds, les turpitudes abondent

Le passé est connu le présent est à vivre

 

Réussir aujourd’hui c’est le vœu qui enivre

Les heures et les nuits de l’humain en ce monde

Chacun à sa façon participe à la ronde

La peur serait un frein, vouloir nous en délivre

 

L’horizon en apogée stimule nos envies

L’idéal est là-bas et nous sera servi

Inaccessible but sans cesse repoussé

 

Il nous faut pour l’atteindre bien plus que du courage

S’appuyer sur nos rêves, ne pas les émousser

 Souhaitons-nous cet élan qui fait croire au mirage

 

 

 

 

A Graziano (Août 2008) Le pauvre garçon s'est noyé à Rimini alors qu'il accompagnait des jeunes de Mont Saint Martin dans le cadre du jumelage avec Montecopiolo (Italie), il n'avait guère plus qu'une vingtaine d'années

 

 

 

LE RIDEAU EST TOMBE

 

Le rideau est tombé emporté par la mer

L’éphèbe pantelant chahuté par les flots

S’est brisé aux rochers comme gorge en sanglots

L’étoile à peine née disparaît éphémère

 

Rien ne fera fléchir pas même une prière

L’implacable destin qui libéra son lot

Nous ne danserons plus à Montecopiolo  

Sans songer à l’artiste aux élans de lumière

 

Mais qui donc nous dira le pourquoi le comment

Comment croire en la vigne quand meurent les sarments

Pourquoi la vie s’éteint avant de commencer

 

Nous chercherons en vain au tréfonds de nous-mêmes

La foi qui nous fera admettre l’insensé

Acceptons-nous humains sans chercher le dilemme

 

 

 

 

L'ÂME ET LA RAISON

 

 

Les cendres du passé sont les feux de demain

Nous y trouvons l’échec et quelques réussites

De grands espoirs déçus que l’âme ressuscite

On la croyait vaincue elle vivra son chemin

 

Elle attise la braise de son souffle carmin

Qui insuffle la vie à ce qui est licite

Car quel que soit le temps que cela nécessite

Il faudra bien qu’un jour nous lui prenions la main

 

Nous trouverons alors la porte du succès

Celle qui ouvre les cœurs qui rejettent l’excès

L’ostracisme vaincu nous serons bien ensemble

 

Il nous faut pour cela convictions et courage

Cultiver la raison et tout ce qui rassemble

Un ciel bleu vient toujours lorsque cesse l’orage

 

 

 

 

PARIONS SUR LE RÊVE

 

Parions sur le rêve lui seul est constructif

Il stimule l'humeur quand la vague est au creux

Lorsque plus rien ne va que l'on se sent peureux

Il est notre bouée  et nous rend positif

 

A bien y regarder il n'est pas exhaustif

D'affirmer qu'il est vain de vouloir être heureux

Cet idéal confirme le sort des amoureux

Qui trouvent l'essentiel dans l'attrait compulsif

 

L'année qui vient de naître est pucelle de tout

donnons-lui cette chance, offrons-lui cet atout

Il faudra cependant s'impliquer dans l'effort

 

 

 

LA VIE EST UN FESTIN

 

Savoir se retourner, savoir se souvenir !

Nous quittons le passé et tous ses aléas

Pour rêver d’un demain  sorte d’alinéa

Sur la page des jours qui nous restent à courir

 

Le temps est à l’espoir  construisons l’avenir

Face aux  gravats d’hier  ne soyons pas béats

Du tunnel de nos peurs allons jusqu’au méat

Nous y verrons l’issue qui nous fera grandir

 

Commençons par bien faire ce qui dépend de nous

Seul un destin cruel peut nous mettre à genoux

Les vœux de nos Amis n’y pourront rien changer

 

Année après année remettons le couvert

Le repas n’est fini que lorsqu’il est mangé

La vie est un festin la mort en est l’avers

 

 

 

 

 

MOIS (SON)

 

 

Après douze qui vont voici douze qui viennent

Seront-ils avenants ou cruels à nos cœurs ?

Serons-nous assez forts pour surmonter nos peurs 

Et vivre pleinement, cela quoi qu’il advienne

 

Consulter le cristal ou la cartomancienne

Ne suffira jamais à soupeser les heures

Qui impriment au temps la suprême rigueur

Joies et peines mêlées à grands flots nous reviennent

 

L’espoir donne le ton en cette fin d’année

A la fuite des jours de notre destinée

Prenons le temps d’aimer malgré l’incertitude

         

La peur serait un frein, vouloir nous en délivre

Que l’audace devienne une noble habitude

Combattre nous grandit c’est écrit dans les livres

 

 

 

 

LIBERTÉ EST DE FRANCE

 

 

La honte nous saisit à regarder ceux-là

Qui bravant la tempête au plus creux de la vague

Refusèrent céans au mépris de la schlague

D’enterrer leur orgueil, de tomber en Scylla

 

Plutôt que de subir ils allèrent au delà

Usèrent du fusil du couteau de la dague

Pour repousser au loin les relents de landtag

Qu’imposait le nazi jusque dans leur cella

 

Que nous sommes petits auprès de ces géants

Leurs cœurs avaient l’audace que l’on prête aux enfants

Le rêve de nos Pères cendre sous la flamme

 

Nous les croyons couchés ce n’est qu’une apparence

Leurs pauvres corps meurtris comme autant d’oriflammes

Se dressent pour nous dire  LIBERTÉ est de France

 

 

 

 

TOUT ET PRESQUE RIEN

 

Dans la fuite des jours l’aube viendra demain

L’espoir est renaissant quant revient la lumière

Oublions du passé les moments de misère

Ils ne seront pour nous qu’un pas sur le chemin

 

La route que l’on suit implique le destin

Il va on ne sait où, nos vies sont prisonnières

Nous devons cependant, obligation première

Nous forcer à vouloir, refuser le déclin

 

Rêvons d’un grand ciel bleu dénué de nuages

Allons jusqu’à trouver des fleurs dans nos bagages

Nous tenons dans nos mains beaucoup et presque rien

 

Hors ce rien qui est peu est déjà un beaucoup

Si nous lui donnons vie dans notre quotidien

C’est lui qui grandira pour accéder à tout

 

 

 

 

VOULOIR

 

Ainsi coule la vie, ainsi coule le temps

Chaque jour qui s'enfuit est perdu ou gagné

Pour celui qui subit l'inflexible odyssée

Le choix est en son camp le constat est patent

 

Nos défaites s'inscrivent dans ce flot déroutant

Ainsi que nos victoires gagnées ou dépassées

Vouloir est un atout aidant à surpasser

L'assaut des vents contraires au relent de  néant

 

Vouloir le mot est dit et il nous interpelle

De l'énergie perdue il sonne le rappel

Pour surmonter le frein à notre réussite

 

A compter ses exploits chacun dans sa besace

Trouvera son bonheur ou encore sa faillite

La vie est un bilan le temps n'est qu'un espace

 

 

 

 

19 MARS 1962

 

Le temps n’efface rien il estompe l’image

Les armes se sont tues du moins l’espérions nous

Lorsque Mars et les siens tombèrent à genoux

Épuisés qu’ils étaient du conflit qui fit rage

 

Retrouvant la raison après tant de carnages

Ils aspiraient enfin à soutenir Vishnou

Qu’importe soit le dieu aucun n’était tabou

Nous quittions l’Algérie nous refermions la page

 

Cinquante ans sont passés la mémoire est vivace

Un certain dix-neuf mars lègue toujours sa trace

La guerre est une impasse d’où il faut bien sortir

 

Nul ne saura pourquoi celle-ci fut commencée

Chacun a son idée nul n’a la panacée

L’Histoire est ce qu’elle est, gommer serait mentir

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